Les phénomènes de combustion
La combustion ne se limite pas à la flamme visible. Elle libère de la chaleur, produit des fumées,
consomme de l’oxygène, propage l’incendie et peut créer des phénomènes dangereux comme l’embrasement
généralisé éclair ou l’explosion de fumées.
Pouvoir calorifique
Fumées
EGE / EF
Énergie d’activation
Objectif SSIAP3
Comprendre ce que produit réellement un incendie : chaleur, fumées, gaz toxiques, perte de visibilité,
mobilité des fumées et propagation. Ces notions expliquent les choix de désenfumage, d’évacuation
et de prévention.
Pourquoi étudier les phénomènes de combustion ?
Pour un SSIAP3, comprendre la combustion ne sert pas seulement à réussir un QCM.
Cela permet d’analyser les risques réels dans un bâtiment : quantité de combustible,
production de fumées, vitesse de propagation, danger pour les occupants et capacité d’intervention.
Le support rappelle que la combustion d’une masse donnée de combustible libère une quantité d’énergie
calorifique mesurable. Cette énergie explique l’élévation de température, la propagation du feu
et la production de fumées chaudes, toxiques, opaques et parfois inflammables.
Les fumées sont au cœur du danger incendie. Elles gênent l’évacuation, intoxiquent les occupants,
transportent la chaleur, favorisent la propagation et peuvent s’enflammer lorsqu’elles rencontrent
les bonnes conditions.
Le bon réflexe SSIAP3
Face à un local, ne regardez pas uniquement “ce qui peut brûler”. Demandez-vous aussi :
quelle quantité d’énergie peut être libérée ? quelles fumées seront produites ? comment les fumées
vont-elles se déplacer ? quelles conséquences pour l’évacuation ?
Cette page reprend le support original et le transforme en fiche de révision : chaleur, pouvoir calorifique,
potentiel calorifique, fumées, dangers, énergie d’activation, propagation et application terrain.
Le pouvoir calorifique : mesurer l’énergie libérée par un combustible
Le support part d’un principe simple : la combustion complète d’une masse déterminée d’un combustible,
dans des conditions d’essai définies, dégage toujours la même quantité d’énergie calorifique.
On peut donc quantifier cette chaleur dégagée.
Pour les solides et les liquides, cette énergie est généralement exprimée en joules par kilogramme.
Pour les gaz, elle est exprimée en joules par mètre cube. Cette notion est importante parce qu’un incendie
n’est pas seulement une flamme : c’est une libération d’énergie.
Quantité de chaleur dégagée lors de la combustion complète d’une unité de masse d’un combustible.
Pouvoir calorifique supérieur. Le support l’associe notamment à la classification en réaction au feu.
Pouvoir calorifique inférieur. Il est utilisé pour le calcul du potentiel calorifique en évaluation du risque incendie.
Lecture SSIAP3
Deux matériaux qui brûlent ne libèrent pas forcément la même quantité d’énergie. C’est pour cela que
le volume, la nature et la densité du stockage dans un local modifient fortement le niveau de risque.
Potentiel calorifique et charge calorifique
Le potentiel calorifique correspond à la quantité de chaleur que dégagerait, par combustion complète,
l’ensemble des matériaux d’un volume donné, rapportée à une surface. Le support indique une unité
en mégajoules par mètre carré.
Cette notion permet d’estimer la quantité totale d’énergie susceptible d’être libérée dans un incendie.
Elle est utilisée pour apprécier le niveau de risque que présente un local dans un ERP ou un IGH.
| Niveau de risque | Potentiel calorifique | Lecture SSIAP3 |
|---|---|---|
| Faible | Inférieur à 500 MJ/m² | Charge combustible limitée, risque de développement plus modéré. |
| Moyen | Supérieur à 500 MJ/m² et inférieur ou égal à 900 MJ/m² | Risque significatif nécessitant une lecture attentive des stockages et mesures de prévention. |
| Élevé | Supérieur à 900 MJ/m² | Potentiel de développement important : vigilance renforcée sur isolement, détection, extinction et désenfumage. |
Point terrain
Un local peut changer de niveau de risque simplement parce qu’on y stocke plus de produits combustibles.
Le SSIAP3 doit donc surveiller les dérives d’exploitation : archives, cartons, mobilier, produits plastiques,
textiles ou stockages temporaires.
Les fumées : le danger majeur de l’incendie
Le support rappelle que les fumées sont en relation avec une très grande part des décès lors d’incendies.
Elles ne sont pas un simple “nuage gênant” : elles sont toxiques, chaudes, opaques, mobiles
et parfois inflammables.
Les fumées issues de la combustion d’un corps solide ou liquide sont composées de gaz toxiques
et inflammables, de suies, de particules liquides en suspension, de goudrons et d’envols comme des cendres
ou escarbilles.
Particules imbrûlées, carbone, suies et résidus solides.
Aérosols, gouttelettes, vapeur d’eau et particules liquides en suspension.
Gaz de combustion, gaz toxiques, hydrocarbures et gaz imbrûlés.
À retenir
Les fumées montent, remplissent d’abord les parties hautes puis descendent progressivement.
En début d’incendie, l’air le plus respirable se situe généralement près du sol, mais la situation
se dégrade très vite.
Toxicité, opacité, inflammabilité, chaleur et mobilité
Le support présente cinq dangers majeurs des fumées. Ces dangers expliquent pourquoi l’évacuation,
le désenfumage et la reconnaissance des locaux enfumés sont des sujets centraux en sécurité incendie.
CO, CO₂, irritants, brûlures pulmonaires et consommation de l’oxygène.
Perte de visibilité, panique, retard d’évacuation et gêne pour les secours.
Gaz imbrûlés et fumées chaudes peuvent s’enflammer.
Brûlures, dégâts matériels et élévation rapide des températures.
Propagation par ouvertures, escaliers, conduits, gaines et volumes non étanches.
| Taux d’oxygène | Effets évoqués par le support | Lecture SSIAP3 |
|---|---|---|
| 21 % | Air ambiant normal. | Condition respiratoire normale hors atmosphère polluée. |
| 17 % | Incoordination motrice pouvant empêcher la victime de réagir et de s’échapper. | La victime perd vite ses capacités d’évacuation autonome. |
| 10 % | Syncope. | Situation d’urgence vitale. |
| 6 % | Mort. | L’exposition aux fumées doit être interrompue le plus rapidement possible. |
Point examen
Les fumées tuent souvent avant les flammes. En SSIAP3, cette idée justifie l’importance du désenfumage,
des dégagements protégés, de la formation des équipes et de la rapidité d’évacuation.
Comment les fumées se déplacent dans un bâtiment
Les fumées et gaz chauds se déplacent très rapidement. Le support rappelle qu’ils peuvent se propager hors
du local d’origine lorsqu’un local n’est pas étanche : par les ouvertures, les portes, les fenêtres,
les escaliers non encloisonnés, les conduits ou les gaines.
Portes, fenêtres, défauts de fermeture ou ouvertures dans les parois.
Escaliers non encloisonnés et cages d’escaliers peuvent devenir des cheminées de propagation.
Conduits techniques, ventilation, passages et réseaux divers.
Gaines verticales, percements mal rebouchés ou absence de calfeutrement.
Les fumées chaudes montent, remplissent le haut des volumes puis descendent progressivement.
Le support rappelle aussi qu’un incendie de moyenne importance peut émettre plusieurs kilogrammes par seconde
de gaz chauds et de fumées à des températures très élevées.
Conséquence opérationnelle
De ces dangers découle une nécessité : l’évacuation des fumées est impérative.
Le désenfumage, le compartimentage, les portes maintenues fermées et les gaines correctement traitées
ne sont pas des détails techniques.
Les énergies d’activation : ce qui déclenche la combustion
Le support liste plusieurs origines possibles de l’énergie nécessaire au déclenchement d’une combustion :
thermique, chimique, biologique, mécanique ou électrique. La prévention incendie consiste souvent
à éviter que ces énergies rencontrent un combustible dans des conditions favorables.
Feu nu, séchage, surface chaude.
Réaction entre produits incompatibles, phosphore au contact de l’air.
Fermentation bactérienne dans certains stockages : silo, grains, farine.
Frottement, échauffement, étincelle mécanique.
Court-circuit, défaut d’isolation, électricité statique.
Le support donne l’exemple des gaz : lorsque le mélange gazeux combustible/air est dans les bonnes proportions,
une source d’allumage suffisante peut déclencher l’inflammation. Une simple étincelle d’électricité statique
peut suffire dans certaines conditions.
Propagation et entretien
Le support rappelle que l’énergie dégagée par la combustion sert surtout à propager l’incendie,
tandis qu’une part plus faible permet l’entretien de la combustion. C’est ce qui rend un départ de feu
non maîtrisé si dangereux : il produit lui-même une partie de l’énergie nécessaire à sa progression.
PDF du cours : phénomènes de combustion
Le support original présente la chaleur, le pouvoir calorifique, le potentiel calorifique,
les fumées, leurs dangers, la mobilité des fumées et les énergies d’activation.
Cas pratique : stockage combustible et propagation des fumées
Les phénomènes de combustion prennent tout leur sens lorsqu’on observe un local réel : stockages,
matériaux, ventilation, gaines, portes, circulations et sources d’énergie peuvent transformer un simple
départ de feu en incendie généralisé.
Un local de réserve contient des cartons, des mousses, du mobilier, des produits plastiques et quelques
appareils électriques. La porte reste souvent ouverte sur une circulation et plusieurs gaines techniques
traversent le volume.
On demande au SSIAP3 d’identifier les points de vigilance liés à la combustion et aux fumées.
Cartons, plastiques, mousses et mobilier augmentent le potentiel calorifique du local.
Les mousses et polymères peuvent produire des fumées noires, toxiques et fortement opaques.
Porte maintenue fermée, traversées traitées, gaines calfeutrées et compartimentage préservé.
Vérifier les appareils électriques, les multiprises, les échauffements et les sources de chaleur.
Synthèse : ce qu’il faut retenir sur les phénomènes de combustion
Les phénomènes de combustion expliquent pourquoi un incendie est dangereux avant même que les flammes
n’atteignent les occupants. La chaleur, les fumées, la toxicité, l’opacité et la mobilité des gaz
conditionnent l’évacuation, l’intervention et les mesures de prévention.
Quantité de chaleur dégagée par la combustion complète d’un combustible.
Énergie totale susceptible d’être libérée dans un local ou volume donné.
Elles sont toxiques, opaques, inflammables, chaudes et mobiles.
CO, CO₂, irritation, brûlures pulmonaires et consommation de l’oxygène.
Les fumées passent par ouvertures, escaliers, conduits, gaines et défauts d’étanchéité.
Thermique, chimique, biologique, mécanique ou électrique.
Tester ses connaissances sur les phénomènes de combustion
Après cette fiche, passez aux QCM SSIAP3 pour vérifier vos acquis sur le pouvoir calorifique,
les fumées, les dangers pour les personnes, la propagation et les énergies d’activation.
QCM SSIAP3
Entraînez-vous sur les questions SSIAP3 pour consolider vos bases scientifiques, techniques
et opérationnelles avant les épreuves.