La combustion selon l’état de la matière
Solides, liquides, gaz, métaux ou poussières ne brûlent pas tous de la même manière.
Pour le SSIAP3, comprendre ces différences permet d’anticiper les modes de propagation,
les risques d’explosion et les moyens d’extinction adaptés.
Solides
Liquides inflammables
Gaz
Poussières
Objectif SSIAP3
Savoir expliquer pourquoi un solide produit des gaz de pyrolyse, pourquoi un liquide brûle par ses vapeurs,
pourquoi un gaz peut exploser dans son domaine d’explosivité et pourquoi les poussières en suspension
représentent un risque majeur.
Pourquoi l’état de la matière change tout ?
La combustion dépend de la manière dont le combustible se présente : solide, liquide, gaz,
métal ou poussière. Le mécanisme d’inflammation, la vitesse de propagation et le moyen d’extinction
peuvent être très différents.
Un solide doit généralement produire des gaz combustibles sous l’effet de la chaleur avant de brûler.
Un liquide brûle par les vapeurs qu’il émet. Un gaz peut former avec l’air un mélange explosif.
Les métaux réagissent violemment et les poussières, lorsqu’elles sont en suspension, peuvent provoquer
une explosion généralisée.
Pour le SSIAP3, cette distinction est très importante : elle permet de comprendre les classes de feu,
les interdictions d’emploi de certains agents extincteurs, les risques liés aux stockages et les mesures
de prévention à mettre en place.
Le bon réflexe SSIAP3
Avant de choisir une stratégie de prévention ou d’extinction, identifiez l’état du combustible :
solide, liquide, gaz, métal ou poussière. La réponse opérationnelle dépend directement de cette analyse.
Cette page développe le support original en fiche de révision : combustion des solides, liquides,
gaz, métaux, poussières, points d’inflammation et typologie des combustions.
Tous les combustibles ne brûlent pas de la même façon
Un même triangle du feu peut conduire à des phénomènes très différents selon l’état de la matière.
Le point commun reste la présence d’un combustible, d’un comburant et d’une énergie d’activation.
Mais la manière dont le combustible rencontre le comburant varie fortement.
Pyrolyse, braises, propagation de surface ou en profondeur.
Les vapeurs émises par le liquide s’enflamment.
Le mélange gaz/air peut brûler ou exploser selon sa concentration.
Combustion violente, très avide d’oxygène.
En suspension, elles se comportent presque comme un gaz combustible.
À retenir
Plus le combustible est finement divisé ou facilement mélangé à l’air, plus la combustion peut être rapide.
C’est pour cela que les gaz et poussières en suspension présentent des risques d’explosion particulièrement élevés.
La combustion des solides : gaz de pyrolyse et braises
Le support donne comme exemples le charbon, le bois et la paille. La combustion des solides peut être
progressive : le matériau est chauffé, se décompose, émet des gaz combustibles, puis ces gaz s’enflamment.
Certains solides forment des braises. Cette particularité explique pourquoi les feux de classe A
nécessitent souvent un refroidissement en profondeur : il ne suffit pas toujours d’abattre les flammes visibles.
Échauffement
Le solide reçoit de la chaleur et commence à se décomposer.
Émission de gaz
La pyrolyse libère des gaz combustibles.
Combustion
Les gaz brûlent et le matériau peut continuer à se consumer en profondeur.
Lecture extinction
Sur un feu de solide avec braises, l’eau est efficace parce qu’elle refroidit. Il faut souvent surveiller
la reprise, car des braises peuvent rester actives après disparition des flammes.
La combustion des liquides : ce sont les vapeurs qui brûlent
Le support donne comme exemples le GPL, le fioul et l’acétone. La combustion des combustibles liquides
dépend des vapeurs qu’ils émettent. Le liquide lui-même ne brûle pas directement : ce sont ses vapeurs
mélangées à l’air qui peuvent s’enflammer.
| Stade | Définition | Conséquence SSIAP3 |
|---|---|---|
| Point éclair | Température minimale à laquelle le liquide émet assez de vapeurs pour s’enflammer au contact d’une source d’allumage. | L’inflammation cesse si la source d’allumage est retirée. |
| Point d’inflammation | Température minimale à laquelle le liquide émet assez de vapeurs pour continuer à brûler de lui-même. | La combustion se maintient même si on retire la source d’allumage. |
| Point d’auto-inflammation | Température minimale à laquelle le combustible émet assez de vapeurs pour s’enflammer spontanément en présence d’un comburant. | Aucune flamme extérieure n’est nécessaire : la température suffit. |
Le support précise que c’est la notion de point éclair qui est retenue par la réglementation et les normes
concernant le stockage, le transfert et la manipulation des liquides inflammables.
Piège fréquent
Un liquide avec un point éclair très bas émet des vapeurs inflammables à basse température.
Il peut donc être dangereux même sans chauffage important.
LII et LSI : le mélange doit être dans les bonnes proportions
Pour qu’un mélange vapeurs-air s’enflamme, il doit être compris dans un domaine d’inflammabilité.
S’il y a trop peu de vapeurs combustibles, le mélange est trop pauvre. S’il y en a trop, le mélange
est trop riche et manque de comburant.
Le mélange est trop pauvre en vapeurs combustibles pour s’enflammer.
Le mélange est dans le domaine d’inflammabilité : il peut s’enflammer.
Le mélange est trop riche en combustible et trop pauvre en comburant pour brûler.
Lecture prévention
Ventilation, limitation des vapeurs, contrôle des sources d’allumage et stockage adapté sont essentiels.
Le danger apparaît lorsque le combustible est présent dans l’air aux bonnes proportions.
La combustion des gaz : le risque d’explosion
Le support donne comme exemples le butane, le propane, l’ammoniac et l’hydrogène.
La combustion d’un gaz peut devenir explosive lorsque la concentration du mélange air/gaz est comprise
entre deux limites : la limite inférieure d’explosivité et la limite supérieure d’explosivité.
Le mélange est trop pauvre en gaz combustible : la flamme ne se propage pas.
Le mélange est explosible : une source d’allumage peut provoquer une inflammation violente.
Le mélange est trop riche en gaz et trop pauvre en comburant pour permettre la propagation de la flamme.
Les valeurs de LIE et de LSE sont exprimées en pourcentage du volume de gaz inflammable dans le volume total
du mélange. Elles varient fortement d’un gaz à l’autre.
Point opérationnel
En présence d’une fuite de gaz, le danger n’est pas seulement la flamme. Le vrai danger est la formation
d’un mélange gaz/air explosible dans un volume fermé ou mal ventilé.
Métaux et poussières : des combustions particulières
Le support insiste sur deux cas particuliers : la combustion des métaux et celle des poussières.
Ce sont des situations que le SSIAP3 doit connaître, car les erreurs d’intervention ou de prévention
peuvent aggraver très fortement l’accident.
La combustion des métaux est extrêmement violente et très avide d’oxygène.
Le support rappelle que l’utilisation de l’eau est interdite sur un feu de métal, car le métal peut utiliser
l’oxygène de la molécule d’eau pour nourrir la combustion.
Les poussières sont des solides, mais leur comportement peut se rapprocher de celui des gaz.
En suspension dans l’air, elles sont en contact intime avec le dioxygène et peuvent provoquer une explosion généralisée.
| Situation poussières | Comportement | Risque |
|---|---|---|
| Dépôt en couche épaisse | La combustion démarre lentement puis peut se propager par flash. | Envolées de poussières qui s’enflamment. |
| Poussières en suspension | Contact intime avec le dioxygène de l’air. | Propagation de flamme d’un nuage à l’autre, explosion généralisée. |
À retenir absolument
Les poussières sont dangereuses lorsqu’elles sont mises en suspension. Nettoyage, aspiration adaptée,
limitation des sources d’allumage et prévention des atmosphères explosives sont essentiels.
Combustion lente, vive, très vive et spontanée
Le support termine par les différents types de combustion. Cette classification permet de distinguer
une oxydation lente, une combustion visible avec flammes, une déflagration et une explosion.
| Type | Phénomène | Caractéristiques | Lecture SSIAP3 |
|---|---|---|---|
| Combustion lente | Oxydation | Absence de flammes, chaleur et fumées très limitées. | Peut annoncer une dégradation progressive ou un risque de reprise. |
| Combustion vive | Combustion | Flammes, fort dégagement de chaleur et fumées. | Situation classique d’incendie visible. |
| Combustion très vive | Déflagration | Vitesse de combustion inférieure à la vitesse du son. | Phénomène rapide pouvant créer une surpression. |
| Combustion spontanée / explosion | Explosion | Vitesse de combustion supérieure à la vitesse du son. | Phénomène brutal, destructeur et dangereux pour les occupants comme les secours. |
Lecture opérationnelle
Plus la combustion est rapide, plus la gestion de l’événement devient difficile. Le SSIAP3 doit donc
anticiper les situations pouvant conduire à une combustion très vive : gaz, vapeurs inflammables,
poussières en suspension et atmosphères explosives.
PDF du cours : combustion selon l’état de la matière
Le support original présente la combustion des solides, liquides, gaz, métaux et poussières,
ainsi que les différents types de combustion.
Cas pratique : atelier avec solvants et poussières
Dans la pratique, plusieurs états de la matière peuvent coexister dans un même local :
solides combustibles, liquides inflammables, gaz, vapeurs et poussières. Le SSIAP3 doit savoir les distinguer
pour évaluer correctement le risque.
Un atelier contient des cartons, des bidons de solvants, une bouteille de gaz, des copeaux métalliques,
des poussières de ponçage et plusieurs appareils électriques.
On demande au SSIAP3 d’identifier les risques prioritaires avant de rédiger une consigne ou un avis sécurité.
Cartons, bois, textiles ou plastiques peuvent produire des gaz de pyrolyse et former des braises.
Les solvants émettent des vapeurs : il faut maîtriser stockage, ventilation et sources d’allumage.
Une fuite ou une accumulation de vapeurs peut créer un mélange explosible avec l’air.
Les poussières déposées doivent être nettoyées ; en suspension, elles peuvent créer une atmosphère explosive.
Synthèse : ce qu’il faut retenir
L’état de la matière influence directement le comportement du feu. La prévention incendie doit donc
tenir compte non seulement de la nature du combustible, mais aussi de sa forme, de sa température,
de sa capacité à émettre des vapeurs ou poussières et de son mélange avec l’air.
Ils brûlent souvent après émission de gaz de pyrolyse et peuvent former des braises.
Ce sont les vapeurs émises qui brûlent, avec des seuils comme le point éclair.
Ils peuvent exploser si leur concentration est comprise entre LIE et LSE.
Leur combustion est violente et l’eau peut être interdite.
En suspension, elles peuvent se comporter comme un gaz explosible.
Lente, vive, très vive ou explosion : la vitesse de réaction change le niveau de danger.
Tester ses connaissances sur la combustion selon l’état de la matière
Après cette fiche, passez aux QCM SSIAP3 pour vérifier vos acquis sur les solides, liquides, gaz,
poussières, métaux, points d’inflammation, limites d’explosivité et types de combustion.
QCM SSIAP3
Entraînez-vous sur les questions SSIAP3 pour consolider vos bases scientifiques, techniques
et opérationnelles avant les épreuves.