À l’origine de la sécurité privée
L’histoire de la sécurité privée est souvent associée à Eugène-François Vidocq, ancien bagnard devenu chef de la Sûreté, puis fondateur d’une agence privée de renseignements au XIXe siècle.
Ce parcours illustre la naissance progressive d’un secteur longtemps marqué par des pratiques très hétérogènes, avant d’être encadré par des textes réglementaires puis par un organisme de contrôle dédié.
Vidocq, un personnage hors du commun
Né à Arras en 1775, Eugène-François Vidocq connaît une jeunesse mouvementée : engagements militaires, désertions, condamnations, évasions et séjours au bagne marquent son parcours avant son rapprochement avec la police.
À partir de ses expériences dans le monde criminel, il propose ses services pour identifier les détenus sous de fausses identités. Il devient ensuite agent secret, puis chef de la Police de Sûreté, où il recrute notamment parmi d’anciens membres du milieu.
Après avoir quitté ses fonctions, Vidocq fonde en 1833 le Bureau de Renseignements pour le Commerce, souvent présenté comme l’une des premières agences privées de détectives et de renseignements au monde.
Une profession longtemps trouble et peu encadrée
Au XIXe siècle, de nombreuses sociétés inspirées par ce modèle apparaissent. Mais les pratiques du secteur restent très inégales : enquêtes commerciales, surveillance, pressions, malversations ou activités à la limite du droit contribuent à noircir l’image de la profession.
À la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle, la sécurité privée prend aussi la forme de polices internes d’entreprises, notamment dans les grands magasins et dans l’industrie. Ces services sont parfois utilisés dans des contextes de tensions sociales ou de conflits avec les syndicats.
Dans les années 1960 et 1970, le secteur continue de souffrir d’une image ambiguë, associée à l’utilisation de “gros bras”, à certains conflits sociaux et à des pratiques insuffisamment contrôlées.
De la loi 83-629 au Livre VI du Code de la sécurité intérieure
Plusieurs drames et dérives conduisent l’État à encadrer progressivement les activités privées de sécurité. Le texte fondateur est la loi 83-629 du 12 juillet 1983, qui réglemente les activités privées de sécurité.
Bureau de Renseignements pour le Commerce
Vidocq crée une structure privée de renseignement destinée notamment aux commerçants.
Loi 83-629
Premier texte fondateur de la réglementation des activités privées de sécurité.
Création du CNAPS
La LOPPSI 2 crée le Conseil national des activités privées de sécurité, chargé de contrôler l’accès à la profession et l’application des textes.
Livre VI du CSI
Le Livre VI du Code de la sécurité intérieure remplace l’ancienne loi de 1983 comme socle de référence des activités privées de sécurité.
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