Éclosion et développement du feu
Comprendre le triangle du feu, les combustibles, le comburant, l’énergie d’activation, les modes de propagation, l’incendie et les dangers des fumées.
Le feu : les bases à connaître en SSIAP 1
Un feu ne peut apparaître que si trois éléments sont réunis : un combustible, un comburant et une énergie d’activation. Cette représentation est connue sous le nom de triangle du feu.
La vitesse de combustion dépend notamment de l’état de la matière, de sa disposition, de la température, de l’humidité et de la teneur en oxygène. Une même matière peut donc brûler plus ou moins vite selon son état : bloc, copeaux, poussières, paille ou particules.
Combustibles, comburant et énergie d’activation
Les combustibles sont classés en trois grandes familles selon leur état : solides, liquides et gazeux.
Les combustibles solides
Exemples : charbon, bois, paille. Ils sont notamment caractérisés par leur pouvoir calorifique, c’est-à-dire la quantité de chaleur dégagée lors de la combustion complète d’un kilogramme de matériau.
Les combustibles liquides
Exemples : fioul, acétone, carburants. Leur inflammabilité dépend de la quantité de vapeur émise. On parle de point éclair pour désigner la température minimale à laquelle les vapeurs peuvent s’enflammer au contact d’une flamme.
Les combustibles gazeux
Exemples : butane, propane, ammoniac, hydrogène. La combustion d’un gaz peut devenir explosive lorsque le mélange air/gaz se situe entre une limite inférieure d’explosivité et une limite supérieure d’explosivité.
Le butane possède une limite d’inflammabilité dans l’air comprise approximativement entre 1,8 % et 8,4 %. L’hydrogène a une plage beaucoup plus large, autour de 4 % à 75 %, ce qui le rend particulièrement dangereux.
Le principal comburant est l’oxygène présent dans l’air ambiant. D’autres comburants existent, comme certains peroxydes, sels oxygénés ou l’ozone, mais ils sont plus rares dans les situations courantes.
Les énergies nécessaires au déclenchement de la combustion peuvent être :
- thermiques : feu nu, séchage, surface chaude ;
- chimiques : réaction exothermique, phosphore au contact de l’air ;
- biologiques : fermentation de bactéries, silo à grains ou à farine ;
- mécaniques : frottement, échauffement ;
- électriques : court-circuit, défaut d’isolement, électricité statique.
Les modes de propagation du feu
Le feu peut se propager de plusieurs façons. En SSIAP 1, il faut notamment retenir :
Conduction
Transfert de chaleur au travers de la matière ou de la masse d’un matériau. Exemple : une conduite métallique chauffée peut transmettre la chaleur à un combustible situé à distance.
Convection
Transfert par les gaz chauds et les fumées qui s’élèvent et transportent la chaleur. C’est un mode très important dans les bâtiments.
Rayonnement
Transfert par ondes électromagnétiques. On ressent la chaleur d’un foyer même sans contact direct. Ce rayonnement peut enflammer des combustibles proches.
Projection
Transport de particules incandescentes ou d’éléments enflammés, par le vent ou par une explosion, créant de nouveaux foyers.
Épandage
Propagation par écoulement d’un liquide inflammable qui brûle et enflamme les combustibles rencontrés.
L’incendie : feu non maîtrisé
Un incendie est un feu échappant au contrôle de l’homme. Il n’est plus maîtrisable dans le temps ni dans l’espace.
Les grandes causes de départ de feu sont généralement :
- humaines : imprudence des fumeurs, ignorance, négligence, malveillance ;
- naturelles : foudre, soleil par effet de loupe, fermentation ou auto-échauffement ;
- énergétiques : électricité, frottements, réactions chimiques, électricité statique.
Les classes de feu
La norme européenne classe les feux en catégories selon la nature du combustible. Cette notion permet de choisir le moyen d’extinction adapté.
Les feux d’origine électrique sont hors classement : ils peuvent être associés à toutes les classes, selon le support ou le combustible concerné. Les feux de classe A sont les seuls à générer des braises.
La fumée et ses dangers
Les fumées représentent un danger majeur lors d’un incendie. Elles sont impliquées dans une très grande part des décès et intoxications : toxicité, opacité, chaleur, inflammabilité et mobilité rendent l’évacuation difficile.
La loi Morange a instauré l’obligation d’équiper les logements d’au moins un détecteur avertisseur autonome de fumée. L’objectif est de permettre une alerte plus rapide des occupants.
La fumée se compose des trois états de la matière :
- solide : particules imbrûlées, carbone, suies ;
- liquide : aérosols, vapeur d’eau ;
- gazeux : gaz de combustion, hydrocarbures.
Sa couleur peut être blanche, grise ou noire selon sa composition. Ce n’est pas uniquement la température qui détermine la couleur de la fumée.
Les 5 dangers majeurs des fumées
- Toxicité : CO, CO₂, gaz irritants, consommation de l’oxygène disponible.
- Opacité : perte de visibilité, panique, évacuation ralentie, intervention des secours plus difficile.
- Inflammabilité : risque d’embrasement généralisé éclair ou d’explosion de fumées.
- Chaleur : brûlures et dommages matériels importants.
- Mobilité : les fumées se déplacent et peuvent envahir rapidement les volumes.
Lors d’un incendie, l’évacuation des fumées est impérative. Les fumées chaudes montent, car elles sont plus légères que l’air ambiant. Au début d’un incendie, l’air le plus respirable se situe souvent près du sol.
Tester vos connaissances sur le feu
Après cette séquence, vous pouvez vous entraîner avec le QCM lié au feu. Certaines questions peuvent aussi nécessiter de connaître la séquence suivante sur le comportement au feu.